samedi 25 février 2017

Déménagement imminent de ce blog

Bonjour à tous !

Je suis resté très silencieux ces dernières semaines, mais c'est pour revenir très prochainement avec une nouvelle version de ce blog, avec un aspect plus visuel et une navigation améliorée. A très bientôt !
Marc.

lundi 23 janvier 2017

Voyage à Seattle - The Elliott Bay Book Company


   Voilà bientôt trois semaines que je n'ai rien publié sur ce blog. Il faut dire que la rentrée de janvier a été chargée, et mes occupations professionnelles à Londres ne m'ont guère laissé le loisir de lire beaucoup. Espérons que le reste de l'année sera plus riche en lectures.

   A défaut de lire, j'ai pas mal voyagé, entre Prague, Londres, Paris, et maintenant Seattle. J'ai retrouvé la capitale régionale du nord-ouest des Etats-Unis au lendemain de la cérémonie d'investiture du nouveau Président. Comme dans la plupart des grandes villes américaines hier, ses rues étaient envahies de femmes arborant un curieux bonnet rose à oreilles et brandissant des slogans féministes et anti-Trump. C'est au milieu de cette foule joyeuse et animée que j'ai découvert la ville, avec son curieux mélange de quartiers d'affaires et d'ambiance bohème, entouré des effluves de Marijuana et des chanteurs de rue avec leurs guitares.

   Dans le quartier de Capitol Hill, je suis parti à la recherche de la librairie la plus célèbre de la ville. Véritable paradis pour les amoureux des livres, The Elliott Bay Company existe depuis plus de quarante ans. Ses grandes baies vitrées s'ouvrent sur une vaste salle de lecture à l'atmosphère détendue et chaleureuse, avec plus de 150 000 ouvrages rangés sur des étagères en bois de cèdre. Au fond, un café accueille une foule d'étudiants en train de siroter un latte devant leur inévitable Mac. J'y ai passé quelques heures à bouquiner dans un fauteuil en cuir, avant de repartir en fin d'après-midi pour regagner mon hôtel. Je crois que je viens de découvrir mon coin de Seattle favori.






samedi 31 décembre 2016

Un bon roman pour finir l'année en beauté : Retour à Montechiarro, de Vincent Engel


   Me voici de retour à Londres après une semaine de vacances en famille dans le sud de la Bohême. J'ai mis à profit cette pause hivernale pour achever la lecture de Retour à Montechiarro, le roman de Vincent Engel que j'évoquais sur ce blog  il y a un mois déjà. Malgré quelques longueurs, cette saga familiale italienne sur plusieurs générations est un récit captivant dont je vous recommande vivement la lecture.

   La première partie établit les origines de la famille : dans l'Italie du milieu du XIXème siècle, un aristocrate toscan libéral, le comte Della Rocca, se rend à Venise pour rembourser une dette contractée par son père auprès d'un certain Asmodée Edern. Ce surprenant personnage de dandy esthète lui ouvre les portes de la Sérénissime. Grâce à lui, le comte Della Rocca fait la connaissance de Laëtitia, une jeune aristocrate mélancolique dont il tombe rapidement amoureux. Après l'avoir épousée, il la ramène dans son domaine de Montechiarro en Toscane. Malheureusement, cet amour n'est pas réciproque, et peu de temps après lui avoir donné un fils, la belle s'enfuit avec son amant en Amérique où elle disparaît mystérieusement.

    La deuxième  partie du roman se situe soixante-dix ans plus tard, dans l'Italie de 1919 en proie à la montée du fascisme. Autrefois prospère et florissant, le domaine de Montechiarro est tombé en désuétude. Pour le préserver, Agnese, la petite-fille du comte Della Rocca, est contrainte d'épouser  Salvatore Coniglio, un notable local aux sympathies fascistes déclarées. Malgré sa médiocrité, ce dernier profite de l'ascension de Mussolini pour accéder au statut de podestat local. Bientôt, ses ambitions dégénèrent dans un délire grotesque, à l'image de l'Italie entière qui cède au culte de l'Etat et de la force virile. Face à cette domination masculine, Agnese et ses filles Anna et Michaela entrent en révolte chacune à leur manière. Pour Agnese, le salut viendra de la rencontre avec Sébastien Morgan, un photographe belge amoureux des paysages toscans. Quoique séparée de lui par la guerre, elle survivra aux épreuves conjugales et aux déchirements de la guerre grâce au souvenir de cet amour providentiel.

   Dans la troisième et dernière partie, les descendants d'Agnese redécouvrent le domaine de Montechiarro à la fin des années soixante-dix, dans l'Italie des années de plomb marquée par les attentats terroristes d'extrême-gauche. A l'invitation de Sébastien Morgan, devenu un célèbre photographe à la renommée internationale, ils redécouvrent le domaine familial et guérissent de leurs blessures familiales en renouant avec le passé.

    En relisant ce résumé, j'ai l'impression un peu ridicule d'avoir raconté une série télévisée d'été sur France 2. Cela tient sans doute au genre littéraire de la saga familiale historique, avec ses thèmes et ses figures imposées : histoires de famille, amours secrètes, hérédité, trahisons, bouleversements de l'Histoire, redécouverte d'un un passé enfoui, enracinement dans le terroir, etc., sans compter bien sûr l'éloge obligé de la beauté des palais vénitiens et des paysages toscans. Certes, tous ces ingrédients sont bel et bien présents dans le roman de Vincent Engel, et ils ne manqueront pas d'irriter le lecteur snob. Pourtant, il serait injuste de le réduire à cela. D'abord parce que le livre possède d'indéniables qualités stylistiques, comme je le soulignais dans mon précédent billet. Ensuite parce que son récit est servi par une narration savamment construite qui unit harmonieusement des histoires individuelles à différentes époques sous le thème de la révolte féminine face à la violence des hommes et de leurs idéologies destructrices. Les lecteurs ne s'y sont pas trompés, qui ont réservé à Retour à Montechiarro un accueil enthousiaste.

lundi 5 décembre 2016

Promenade littéraire à Clerkenwell et Islington, dans le nord de Londres

   Hier après-midi, je me suis longuement promené à Clerkenwell et Islington, dans le nord de Londres. Malgré le froid et l'ambiance crépusculaire de ce mois de décembre, j'ai pris plaisir à errer dans les rues en me laissant guider par les plaques bleues, ces panneaux circulaires qui signalent les endroits autrefois habités par des artistes ou des hommes politiques célèbres. Comme la plupart des quartiers du centre de Londres, Clerkenwell et Islington sont chargés d'histoire littéraire. En particulier, ils ont été le théâtre des aventures fictives d'Oliver Twist, le personnage du roman éponyme de Dickens. En effet, c'est à Clerkenwell Greene que le héros du roman apprend l'art du vol à la tire sous l'égide d'Artful Dodger (le Renard dans la traduction française).

   Un peu plus au nord, le visiteur curieux peut découvrir la maison dans laquelle Salman Rushdie a vécu reclus durant les années où il était menacé de fatwa après la publication des Versets sataniques. La maison victorienne bourgeoise qu'il occupait au n°41 de St. Peter's Street est assez discrète, et elle ne figure pas dans les guides touristiques. L'auteur a depuis déménagé à New York.

   Pour finir cette après-midi en beauté, je me suis rendu à la librairie Waterstones d'Islington acheter un exemplaire d'Oliver Twist et me suis réfugié au chaud dans un pub d'Upper Street en compagnie de Dickens et de ses personnages...

dimanche 27 novembre 2016

Un roman toscan : Retour à Montechiarro, de Vincent Engel


   Il y a quelques années, en me promenant dans une brocante à Chatou, j'ai acheté pour trois francs six sous un livre au titre prometteur : Retour à Montechiarro, de l'écrivain belge Vincent Engel. Sur sa couverture figure un dessin représentant une belle villa italienne encadrée par une allée de cyprès, vision qui rappelle immédiatement des souvenirs heureux chez le voyageur amoureux de l'Italie en général et de la Toscane en particulier. Et puis je l'ai oublié, et l'ai laissé dormir pendant des années sur les étagères de ma bibliothèque.

   En plein mois de novembre sous le ciel gris de Londres, j'ai eu envie de rendre justice à ce livre trop longtemps négligé. Pour l'instant, je n'ai lu qu'une cinquantaine de pages, mais mes premières impressions sont favorables. Longue saga familiale au fil de l'histoire, le récit débute en Toscane et en Vénétie à l'époque du Risorgimento, cette période phare du milieu du XIXème siècle qui a vu l'unification du pays et la création de l'Italie moderne. Le style de l'auteur est assez soigné ;  dans les premiers chapitres, il peint un tableau de Venise et de ses rues en quelques métaphores simples mais évocatrices, comme dans ce passage: "L'orchestre aquatique de Venise reprit la main : léger clapotis de l'eau sur les flancs de la barque ; staccato de la perche qui plonge et ressort, des vaguelettes qui lèchent les façades ; chants graves, rares et lugubres des gondoliers ; parfois, le roulement de tambour d'une fontaine sur un quai invisible."

   Un début qui m'a mis en appétit, comme un bon antipasto. Je raconterai la suite sur ce blog dans les semaines qui viennent.

dimanche 13 novembre 2016

Une histoire d'amour parisienne et slovène : Con Brio (Brina Svit)


  
   Con Brio raconte le chassé croisé amoureux entre un romancier vieillissant et une jeune slovène mystérieuse, avec en toile de fond les beaux quartiers de Paris. Lors d'une soirée chez son éditeur, R.A. Tibor, écrivain d'âge mûr et déjà divorcé depuis de longues années, fait connaissance avec Grusenjka, une jeune femme intrigante et peu bavarde. Quelques jours plus tard, lors d'un déjeuner dans l'arrière-salle d'une brasserie du boulevard Saint-Germain, il se laisse envoûter par cette sylphide étrange et distante. Abandonnant toute prudence, il la demande en mariage, et bientôt sa jeune épouse emménage chez lui, dans l'appartement de la rue Balzac où il vit avec pour seule compagnie son chat et sa femme de ménage portugaise. Toutefois, les choses ne se passent pas comme prévu, car dès les premiers jours, la jeune mariée décide de faire chambre à part. Se refusant à son époux, elle mène une vie libre et volage, faite de rencontres avec des inconnus. Torturé par la jalousie, Tibor la suit dans Paris, surveille son courrier et ses fréquentations, dans l'espoir de comprendre cette étrangère qui vit à ses côtés sans partager sa vie. En couchant sur le papier le récit de ses attentes angoissées et de ses courses nocturnes, il commence sans le savoir à écrire un roman d'amour…
   Ce récit de l'écrivain slovène Brina Svit est assez captivant. Dans une narration fluide, subtile et ludique comme un jeu de piste, il promène son lecteur page après page dans les rues de Paris à la poursuite de cette mystérieuse slovène. Comme dans un roman policier, le narrateur mène l'enquête pour percer le secret de son épouse, dans une ronde qui est aussi une quête érotique et amoureuse, avec ses joies et ses douleurs. Parfois, l'amoureux jaloux  tombe sur des indices, comme le nom d'une rue (Jules Vernes) ou d'un bar (Aux Sept merveilles), mais, aveuglé par son désir, il ne parvient pas à en déchiffrer le sens. Ce n'est qu'une fois parvenu au bout de ce jeu de piste qu'il découvrira l'identité dissimulée derrière le masque de cette comédie jouée... con brio.

vendredi 28 octobre 2016

Dernière soirée à Tenerife : l'automne des Canaries me manque déjà...



   Ma semaine de vacances à Tenerife touche à sa fin; demain, je prendrai à regret l'avion pour retrouver le ciel bas et gris de Londres au mois de novembre. Pour ma dernière soirée, je vais me promener le long du Paseo maritimo et goûter la douceur de l'air des îles Canaries, une atmosphère tropicale intemporelle qui attire chaque année des millions de visiteurs dans cet archipel volcanique situé à quelques centaines de kilomètres des côtes africaines. Une fois rentré à Londres, je pourrai toujours me consoler en relisant ce texte dans lequel Saint-Amant, poète baroque du XVIIème siècle (1594 - 1661), célèbre l'automne dans cette terre fertile bénie de Bacchus et de Pomone (déesse romaine des fruits et des arbres fruitiers). L'automne des Canaries me manque déjà...

L'automne des Canaries

Voici les seuls coteaux, voici les seuls vallons
Où Bacchus et Pomone ont établi leur gloire ;
Jamais le riche honneur de ce beau territoire
Ne ressentit l'effort des rudes aquilons.

Les figues, les muscats, les pêches, les melons
Y couronnent ce dieu qui se délecte à boire ;
Et les nobles palmiers, sacrés à la victoire,
S'y courbent sous des fruits qu'au miel nous égalons.

Les cannes au doux suc, non dans les marécages
Mais sur des flancs de roches, y forment des bocages
Dont l'or plein d'ambroisie éclate et monte aux cieux.

L'orange en même jour y mûrit et boutonne,
Et durant tous les mois on peut voir en ces lieux
Le printemps et l'été confondus en l'automne.


Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661), Poésies