dimanche 17 mars 2013

Marcela Iacub - Belle et Bête



   Le livre Belle et Bête de Marcela Iacub a beaucoup fait parler de lui lors de sa parution, le plus souvent dans les pages "Politique", "Société" ou bien "Indiscrets/people" des journaux, avant de finir dans la chronique judiciaire avec l'épilogue que l'on connaît. Toutefois, avant d'être un objet de curiosité médiatique, le livre se présente comme une oeuvre de littérature. Dans cette perspective, il est permis de s'interroger sur ce qui fonde sa littérarité. Quelles sont ses qualités esthétiques ? En quoi est-il original sur le plan littéraire ?
    A vrai dire, après avoir lu les quatre-vingt cinq pages qui composent ce récit, le lecteur n'y trouvera pas grand'chose. L'auteur y dépeint son amant sous les traits d'un être double mi-homme, mi-cochon.  Se désintéressant complètement de l'homme et de sa vie socialement acceptable, elle concentre toute son attention sur le cochon. Etre du présent, insouciant et ignorant des banales conventions humaines, préoccupé uniquement par la satisfaction immédiate de ses plaisirs, il devient pour elle un objet de fascination et d'adoration . Filant la métaphore, elle en vient à se décrire elle-même comme une truie, et leurs rendez-vous  se résument à quelques conversations rapidement suivies de léchouilles et autres roulages dans la fange. A la fin, dans une scène grand guignolesque, le cochon finit par dévorer l'oreille de sa truie.
    Voilà, c'est à peu près tout. Comme vous pouvez le constater, le bouquin sulfureux qui a fait couler tant d'encre dans les journaux est finalement assez pauvre : l'image du cochon pour désigner un homme dominé par ses appétits sexuels est tristement banale, et l'histoire de leur relation se réduit à quelques rendez-vous grotesques.  Pour trouver son modèle, Marcela Iacub aurait pu prendre n'importe quel libidineux rencontré dans un club échangiste ou sur Internet, le récit n'aurait pas été très différent. D'un point de vue littéraire, elle ne tire même pas parti du statut social particulier de son amant (économiste brillant et homme politique de premier plan, ancien Directeur du FMI, candidat à la Présidence de la République) pour poser des questions intéressantes ou ouvrir une réflexion. Non, dans Belle et Bête, il n'y a rien de cela, juste une histoire scabreuse qui sera vite oubliée. Beaucoup de bruit pour rien...

vendredi 8 mars 2013

Claire Léost - Le rêve brisé des working girls



  En cette journée des droits de la femme, je vous invite à lire le bouquin de ma copine Claire Léost, dans lequel elle raconte les difficultés rencontrées par les femmes dans leur carrière et donne des conseils pour y faire face. Voici la quatrième de couverture : 

Faut-il négocier son premier salaire ? Comment vivre sa grossesse au bureau ? Faut-il être belle pour réussir ? Travailler à temps partiel, est-ce la solution pour tout concilier quand on a des enfants ? Claire Léost répond, d’une plume nerveuse et sans concession, à toutes les questions que se posent les femmes aujourd’hui.
Depuis trente ans, les filles ont plus d’atouts que les garçons à l’école, plus de diplômes et donc plus de chances sur la ligne de départ, et pourtant elles peinent à faire évoluer les statistiques. Pourquoi l’écart de salaire entre hommes et femmes, à poste équivalent, reste-t-il de 30 % chez les cadres supérieurs ? Comment échapper à ce qui ressemble à une fatalité ?
À travers le parcours de dix jeunes femmes talentueuses, diplômées de grandes écoles, ce livre apporte un éclairage sur les principaux pièges qui attendent les working girls tout au long de leur carrière. Il donne des pistes pour les déjouer et permettre aux femmes de prendre toute leur place : à côté des hommes, et pas en dessous.
Diplômée de Sciences Po et de HEC, Claire Léost est éditrice de magazines dans un grand groupe de presse.


Et ici, une tribune dans le Huffongton Post où elle parle de son livre :
http://www.huffingtonpost.fr/claire-leost/

jeudi 7 mars 2013

Winter is coming - George R.R. Martin - Le Trône de fer


    
   En cette fin d'hiver, je mets à profit ma semaine de vacances pour entreprendre la lecture du "Trône de fer", le cycle médiéval fantastique de George R.R. Martin.  Publié pour la première fois en 1996, le roman a connu ses premiers succès auprès d'un cercle de fans d'heroic fantasy avant de conquérir le grand public grâce à son adaptation sous forme de série télévisée en  2011. Il raconte les impitoyables luttes de pouvoir que se livrent des familles nobles pour conquérir le royaume des Sept Couronnes sur le continent imaginaire de Westeros, avec en toile de fond la menace d'une invasion des forces maléfiques massées derrière une immense muraille à la frontière nord au milieu des étendues glacées.
    Je n'ai pas encore achevé la lecture du premier tome, mais j'avoue que j'ai bien accroché. Il faut dire que l'univers inventé par George R.R. Martin est riche et captivant, à tel point que certains journalistes ont surnommé son auteur "le Tolkien nord-américain". La comparaison est flatteuse, mais elle n'est pas tout à fait exacte : là où le monde de Tolkien se distingue par la description minutieuse et exhaustive de ses peuples, de leurs langues, de leur géographie et de leur histoire, celui de George R.R. Martin fait surtout la part belle aux personnages, regroupés en dynasties rivales mais bien souvent liées par l'histoire, le sang et les intérêts communs. Toute l'intrigue repose sur la confrontation entre ces familles nobles dans leur tentative de prise de contrôle du Trône de fer, avec une tension dramatique appuyée sur deux ressorts simples et très visuels qui ont fait le succès de la série : la violence (instrument de conquête du pouvoir par excellence, principalement masculin) et l'érotisme (autre instrument de conquête, celui-là plus subtil et plus féminin, à la fois moyen de manipuler les hommes et d'engendrer des héritiers dans un univers féodal régulé par le principe de la primogéniture mâle). Pour renforcer les jeux d'opposition entre les protagonistes de l'histoire, George R.R. Martin a eu recours à une narration découpée en chapitres racontés chacun du point de vue d'un personnage particulier. Cette technique permet de les caractériser et de leur donner de la consistance tout en épargnant au lecteur de fastidieuses descriptions : l'auteur ne nous explique pas qui ils sont ni d'où ils viennent, il leur donne la parole pour qu'ils se racontent. Ainsi projeté dans leur esprit, le lecteur comprend et apprécie mieux leur pensée et leur personnalité. Pour ma part, j'aime beaucoup Tyrion Lannister, le nain machiavélique frère de la reine Cersei, pour son humour cynique et sarcastique. Enfin, le dernier ingrédient du succès de ce cycle romanesque est certainement le suspense qu'il crée à travers le leitmotiv "Winter is coming"("L'hiver approche"). Cette phrase, qui revient à de nombreuses reprises dans le récit dans la bouche de ses principaux personnages, exprime l'idée d'une menace imprécise mais certaine, d'autant plus inquiétante qu'elle se rapproche de jour en jour. Qu'est-ce que l'hiver auquel elle fait référence ? S'agit-il seulement  d'une période de glaciation longue de plusieurs années, ou bien d'un déferlement des hordes maléfiques venues des étendues polaires du nord du royaume au-delà du mur ? A l'heure où j'écris ces lignes, je l'ignore encore, mais je vais de ce pas me replonger dans le bouquin pour le découvrir.