dimanche 21 juin 2015

Un ouvrage d'économie accessible et pertinent: 10 idées qui coulent la France (David Thesmar et Augustin Landier)


    
   Après une série de  choix malheureux en littérature anglaise (voir mes derniers billets sur ce blog), j'ai eu envie de lire un livre différent, sans trop savoir lequel. C'est en assistant à une conférence donnée par David Thesmar que je l'ai trouvé. L'auteur, professeur de finance et d'économie à HEC, est venu à Londres la semaine dernière pour y donner une présentation dialectique sur les inégalités dans le monde, en s'appuyant sur les travaux de Thomas Piketty, l'auteur du désormais célèbre Capital au XXIème siècle, et de ses contradicteurs de l'école de Cambridge (Massachusetts). Dans les salons du Caledonian club, à Belgravia, un quartier qui selon Wikipedia "est souvent considéré comme le plus riche de la ville, le prix moyen d'une grande maison y dépassant souvent 15 millions de livres", le débat sur les solutions aux inégalités dans le monde prenait une saveur particulière, et il m'a vivement intéressé.

   De retour chez moi, j'ai consulté les ouvrages de David Thesmar sur Internet, et acheté celui qu'il a co-écrit avec son collègue économiste Augustin Landier, 10 idées qui coulent la France (Flammarion, 2013). Dans ce petit livre d'environ 150 pages, les deux auteurs examinent successivement dix idées reçues qui empoisonnent le débat public en France et empêchent selon eux le pays de progresser: "Pour sauver l'emploi, il faut sauver l'industrie", "Il nous faut un Etat stratège", "La concurrence est néfaste", "Les marchés, c'est la dictature du court terme", "La solution à la crise, c'est plus d'Europe", etc.  A chaque fois, ils emploient leur rigueur intellectuelle d'économistes pour démonter, faits et chiffres à l'appui, les clichés qui dominent le débat politique.

    La plupart du temps, Thesmar et Landier sont très convaincants, notamment dans le premier chapitre consacré à la place à accorder à l'industrie dans l'économie. En réponse aux rodomontades médiatiques des champions de la réindustrialisation du pays à travers un ministère du Redressement productif chargé de défendre de manière volontariste le Made in France pour préserver l'emploi, ils démontrent que les services sont le véritable moteur de la croissance dans des pays comme la France ou la Grande-Bretagne, et constituent le premier gisement d'emplois par leur caractère difficilement délocalisable, qu'il s'agisse des services intellectuels à forte valeur ajoutée comme les nouvelles technologies, ou des emplois moins qualifiés comme dans la restauration, le tourisme ou les services à la personne. Par contraste, les emplois faiblement qualifiés dans l'industrie manufacturière sont selon eux voués à être soit déportés vers des pays à faible coûts salariaux, soit automatisés et supprimés.

    Les deux économistes sont également pertinents dans le chapitre consacré à la concurrence. Ils y expliquent comment les réglementations et subventions qui entravent la concurrence au nom de la préservation de l'emploi visent en fait principalement à maintenir les marges de quelques producteurs en empêchant des baisses de prix. Ce faisant, elles agissent comme une taxe supplémentaire prélevée sur les consommateurs, à cette différence près avec les impôts traditionnels que son produit n'est pas reversé à la collectivité, mais à un petit groupe de bénéficiaires très habiles à faire valoir leurs intérêts auprès des hommes politiques.

   En revanche, j'ai trouvé les derniers chapitres consacrés à l'Europe et à la gouvernance mondiale moins pertinents. Les auteurs y dénoncent à juste titre une attitude française davantage guidée par le lyrisme idéologique que par l'analyse rationnelle et pragmatique . Mais ils plaident également pour une Europe minimale, envisagée dans le livre essentiellement à travers la question de la dette et du système bancaire européen, alors même que le problème principal de l'Europe est d'être une union inachevée capable d'assurer la libre  circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, mais entre des Etats membres qui restent encore très différents par leurs politiques économiques, fiscales ou sociales.

Que vous soyez d'accord avec ses thèses ou non, je vous encourage à lire 10 idées qui coulent la France, c'est un ouvrage d'économie accessible et qui apporte une contribution utile au débat politique français. 

dimanche 7 juin 2015

I could not finish An Insular Possession either...


   I spent the last three weeks trying to get into An Insular Possession, Timothy Mo's novel about the 1839-1842 Opium war, a conflict between Britain and China which originated from diplomatic tensions caused by the trade of opium in Canton and Macau. Yet, despite all my efforts, I could not get into the book, and I dropped off after just three hundred pages, not even halfway through… Historical fiction is one of my favorite literary genres, and I was initially more than eager to immerse myself into this story of two Americans working for one of the trading houses who participated in the opium business. The first chapter looked promising, with its beautiful and picturesque description of the Pearl river as a symbolic highway of history, life and commerce.  Yet, after a few pages, I felt annoyed by the absence of a plot. I kept on turning the pages, but what I was reading looked more like a loose collection of events rather than a constructed narrative with a sense of progression.  I was also annoyed by interruptions from the long, stern, tangled and pompous articles from The Canton Monitor, a pro-British newspaper which the author uses as a means to convey a sense of the bias and tension between the British and Chinese communities. In the end, after I realized how much I disliked reading it, the book simply fell from my hands.

   In this review of Timothy Mo's book in the New York Times, Robin W. Winks draws upon an essay from the newspaper founded by the two American characters of the novel to explain the differences between the Western and the Chinese novel: whereas a Western novel moves by virtue of its plot, ''a veritable engine which advances the tale along its rails to a firm destination, […] the native novel ... moves in a path which is altogether circular,'' being made up of separate episodes joined only by the loosest threads. Maybe I am just too much of a Western reader to fully appreciate Timothy Mo's writing.