dimanche 20 décembre 2015

Chateaubriand dans mon quartier à Londres Marylebone


 Chateaubriand
  Il y quelques semaines, en passant avec mes enfants par Paddington street sur le chemin de l'école, j'ai découvert une plaque en bronze à la mémoire de Chateaubriand. Dissimulée jusqu'à il y a peu par les échafaudages d'un immeuble en construction, elle marque l'emplacement où l'écrivain a vécu durant ses années d'émigration à Londres. Voici ce qu'il écrit à ce propos dans les Mémoires d'outre-tombe:

"Ma misère avait mis obstacle à mon travail. […]. Je ne gardai pas chez Baylis un logement d'une guinée par mois; je payai le terme échu et m'en allais. Au-dessous des émigrés indigents qui m'avaient d'abord servi de patrons à Londres, il y en avait d'autres, plus nécessiteux encore. Il est des degrés entre les pauvres comme entre les riches ; on peut aller depuis l'homme qui s'habille l'hiver avec un chien, jusqu'à celui qui grelotte dans ses haillons  tailladés. Mes amis me trouvèrent une chambre mieux appropriée à ma fortune décroissante (on n'est pas toujours au comble de la prospérité) ; ils m'installèrent aux environs de Mary-Le-Bone-Street, dans un garret dont la lucarne donnait sur un cimetière : chaque nuit la crécelle du watchman m'annonçait que l'on venait de voler des cadavres."

   Curieusement, la note dans  l'édition  de  la pléiade indique: "Si ce garret est le même que celui qui est en regard de l'hôtel de l'ambassade à Portland Place, les cartes du  temps semblent n'indiquer aucun cimetière à moins de 600m". Pourtant, la plaque n'est pas située à Portland Place (là où se trouvait l'ambassade de France que Chateaubriand occupa comme ambassadeur des années plus tard sous la Restauration), mais bien à Paddington Street (http://www.londonremembers.com/memorials/chateaubriand), en face du square Paddington, qui était autrefois un cimetière. J'en toucherai deux mots aux éditeurs de la pléiade un de ces jours.

   Il est difficile aujourd'hui d'imaginer la mansarde (c'est le sens du mot garret en français) dans laquelle le grand écrivain a vécu ses années de misère à Londres. La rue résonne encore du vacarme des travaux de construction du luxueux complexe immobilier qui doit prochainement ouvrir ses portes. Si vous êtes intéressés, faites-moi signe et je vous donnerai l'adresse. Autant vous prévenir tout de suite, la rue a bien changé depuis le XVIIIème siècle, et elle accueille davantage de riches investisseurs américains que de misérables royalistes français émigrés. Selon le London Evening Standard, le couple Brangelina a récemment visité un des appartements prochainement mis en vente, mais Brad et Angelina ont renoncé à y habiter à cause de la pression médiatique. A l'époque où Paris vivait sous le régime de la Terreur révolutionnaire, Marylebone était sans doute plus paisible.

dimanche 6 décembre 2015

Saturday night and Sunday morning : the film



   Two years after its  publication in 1958, Alan Sillitoe's novel was turned into a film. Directed by Karel Reisz, it was rated X upon its release because like the novel, it openly raises the issues of extramarital affairs, promiscuous living and abortion in working class England. I watched it a few weeks after reading the novel, and found it to be overall true to the spirit of the book, even though the film takes some liberties with the story, notably by changing the outcome of the episode with the abortion (in the book, it is successful, and Brenda does not carry Artthur's child, whereas it the film the abortion fails and the scandalous pregnancy remains as shameful evidence of the affair).